• Khyber Train Safari, Pakistan

     

    Khyber Train Safari, Pakistan

    Le petit train de la Khyber Pass…

    Même s’il est bloqué à quai depuis quelques années, voici un petit train de légende, le Khyber Train Safari, qui propose une virée touristique (et enfumée) dans un endroit absolument extraordinaire connu de tous les amateurs de romans d’aventure, la Khyber Pass (ou passe de Khyber, ou Khaibar) entre l’Afghanistan et le Pakistan.

    Visitez la Khyber Pass en train...

    Un lieu mythique chargé d’histoire…

    Pourquoi ce passage montagneux est-il un lieu si célèbre ? Mettez-vous à la place d’un grand conquérant européen ou arabe qui vient de conquérir la Perse et sa région. Au sud vous avez le désert et la mer, au nord le désert puis les steppes sans fin du Kazakstan. Vous, ce que vous convoitez, ce sont donc les Indes fertiles et leurs richesses. Hors, celles-ci se cachent derrière une ligne de montagnes qu’on ne peut traverser que par deux passages, la passe de Khyber au nord, sur la route Kaboul-Peshawar via Jalallabad, et la passe de Khojak bien plus au sud, perdue au milieu de nulle part et entourée par deux déserts.

    Anciennes portes de la passe de Khyber au Pakistan

    La Khyber Pass a donc été depuis toujours le point de passage obligé des conquérants, des rois et des empereurs, qui ont voulu envahir les Indes depuis l’ouest, de même qu’une étape obligatoire du commerce terrestre (comme la route de la soie…) entre l’Inde, l’Orient et plus loin l’Europe. C’est au sens propre la porte des Indes. Alexandre Le Grand, Gengis Khan, Tamerlan, les conquérants perses, mongols, tartares et arabes, les Anglais aussi (lire Kipling…), se sont battus sur chacun de ses rochers, virages tortueux ou surplombs, pour s’assurer le passage et le contrôle de ce lieu hautement stratégique.

    Un passage de 15 mètres de large entre deux mondes…

    La Passe de Khyber est un itinéraire long d’une soixantaine de kilomètres parsemé de noms qui font frémir comme les forts de Jamrud ou Ali Masjid, les villes de Landi Kotal (« ville des contrebandiers »…) ouTorkham (ville frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan). La route sinueuse emprunte des dizaines de ponts et de tunnels pour se frayer un passage entre les montagnes (34 tunnels et 92 ponts pour la voie ferrée), passage dont la largeur rétrécie parfois jusqu’à une quinzaine de mètres en son point le plus étroit.

    Vu étroite de la Khyber Pass dans les années 1920...

    Un tortillard de montagne comme en 1925…

    La voie ferrée qui nous intéresse particulièrement, construite par les Britanniques en 1925, relie Peshawar à Landi Kotal. Peu rentable commercialement, elle assurait juste une liaison hebdomadaire entre ces villes jusqu’à ce que, dans les années 90, se mette en place le projet touristique du Khyber Train Safari (appelé aussi Khyber Steam Safari). Celui-ci offrait une excursion pittoresque et historique à étapes (lieux importants, animations locales, etc) à travers la Khyber Pass.

    Le Khyber Train Safari attend de reprendre du service !

    Mais outre l’habillage touristique, les attractions principales du trajet restaient le lieu, ses paysages, et surtout le train lui-même, celui-ci n’ayant en effet pas beaucoup évolué depuis son inauguration de 1925. Il s’agissait d’un tortillard fatigué, donnant à chaque fois l’impression de partir à son dernier voyage, formé de trois ou quatre antiques wagons tirés ou poussés par deux vieilles locomotives à vapeur d’époque (pour les amateurs machinistes, il s’agit de HGS 2-8-0).

    A quand le prochain départ du Khyber train?

    L’exploitation du Khyber Train Safari s’est arrêtée en 2006 la voie ayant été abimée par des éboulements. Par la suite les conditions politiques locales n’ont pas permis jusqu’à maintenant de procéder aux réparations et d’envisager une reprise d’activité.

    Le train de la Khyber Pass perdu dans les montagnes du Pakistan...
    C’est le moment de rappeler que la Khyber Pass, lieu de passage entre l’Afghanistan et le Pakistan se trouve en pleine zone tribale pachtoune, c’est à dire que c’est un endroit un peu compliqué. La situation politique y est particulièrement délicate ces dernières années et le moment n’est pas encore revenu d’y retourner faire du tourisme en short et en baskets.

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